Spiritualité / famille et autres considérations




Mes parents sont restés à la maison pour quelques jours, nous nous voyons une fois par an environ. Cette année, plus que les autres, je ressens un gouffre total entre notre façon de voir la vie, moi et le Renard, d'appréhender les choses, et celles de mes parents. Eux qui se disent tant ouverts d'esprit, je suis effarée de voir à quel point leur jugements, aprioris, préjugés et pensées-stéréotypes se renforcent encore un peu plus à chaque fois. 

Le lendemain de leur arrivée déjà j'étais tendue, je parlais mal, j'étais impatiente et je m'énervais facilement. Tout ce que je ne suis pas en temps normal. Ma mère me colle son stress et son négativisme, je pompe tout et je me transforme en mini elle. Cela je l'avais remarqué plusieurs fois, et je me dis à chaque fois que nous allons les revoir que je dois être sereine, calme, et mieux maitriser mon expression mais à chaque fois je retombe dans le panneau.
Nous n'avons jamais eu une entente saine, mon père était toujours absent tant par le travail qui le faisait se lever et revenir à des heures impossibles que par sa présence également. Quand il se manifestait c'était seulement pour me faire la morale et m'engueuler. Ma mère ... que dire ... c'est une longue lutte, nous ne nous supportions plus sous le même toit, elle était asphyxiante, je ne rêvais que de partir. Lorsque mon père m'a dit un jour qu'il s'était passé grosso modo la même chose avec ma sœur un énorme poids s'est envolé et j'ai compris que c'était elle qui avait un énorme problème de communication et de pédagogie. 

Comment faire cohabiter quatre personnes qui pensent diamétralement opposé ? Je n'arrive pas à me faire une idée, à savoir si c'est trop tard pour partager et avoir des conversations calmes et ouvertes. Plus je me pose la question et moins je trouve une issue. Comment faire, en plus, rentrer la spiritualité dans tout ça ?
Mes questions tournaient en boucle dans ma tête : est-ce que je peux considérer que j'ai une meilleure qualité de vie parce que j'ai choisi une voie particulière ? Chacun n'a t-il pas son propre chemin ? Et comment faire lorsqu'apparemment la spiritualité ne touche pas du tout ses proches ? Dans quelle mesure la spiritualité, dans ce cas là, nous éloigne les uns des autres alors qu'elle est censée rapprocher ? Comment faire lorsque sa vie tourne complètement autour de cela et pas celle des autres ?

J'ai souffert de ne pas pouvoir parler de tout cela, j'avais un énorme mur devant moi. Il faudrait déjà pouvoir dépasser tous les stéréotypes et idées fausses en ce qui leur concerne, mais même après, ils ne s'y intéresseront pas, alors où trouver un point de rencontre ?
Lorsque j'ai voulu parler de cosmétique à ma mère, de mon choix de n'acheter que des produits qui ne sont pas testés sur les animaux et qui contiennent le moins de cochonneries possibles, la discussion a coupé court de son côté puisque selon elle les firmes mentent forcément pour pouvoir vendre, malgré mes exemples de groupes qui se chargent de dresser des listes de fabricants qui respectent ou non cette éthique et qui sont vérifiées par les groupes mais aussi tout simplement par les gens qui se renseignent et qui enrichissent ces informations. Comment rebondir sur ce genre de choses quand vous avez une personne totalement bornée, convaincue qu'elle sait mieux, et campées sur ses positions sans intentions d'au moins écouter celles des autres et y réfléchir deux minutes ?

Je me suis rendue compte de fait combien j'avais changé, combien j'avais complètement changé d'optique pour la vie en général, mon quotidien, ma façon de gérer les évènements qui s'enchainent, à côté d'eux j'avais l'impression que nous étions des hippies. Où est passée leur sagesse, qui vient soit disant avec la vieillesse et les expériences ? Où est passée leur humilité ?
Je ressens ce creux immense et ce vide en moi en pensant que peut-être jamais plus nous ne nous comprendrons ; une tristesse immense m'envahit parce que je sais que nous avons encore tellement à échanger et à se donner les uns les autres. Pourquoi les gens, qui plus est les membres d'une même famille, ne peuvent-ils pas comprendre cela ? Pourquoi nos esprits sont tant rongés par tout ce miasme extérieur nauséabond et fétide ? L'hypocrisie, l'orgueil, l'envie, la jalousie etc .. grignotent nos cerveaux petit à petit.


Je n'ai jamais fait de sortie de placard parce que je n'ai jamais caché ce que je faisais et ce vers quoi mes passions tendaient, seulement lorsque je voyais les regards courroucés de ma mère, voire blasés, sur mes bouquins, lors de mes tentatives de conversations, j'ai tout simplement arrêté d'en parler. Et je sais très bien ce qu'elle en pense, que je suis totalement dans un monde à part, que je crois à des trucs totalement débiles, que ce ne sont que des contes, des vieilles croyances qui sont expliquées par la science et qui n'ont au final plus rien de si surnaturel, que je perds mon temps et qu'elle ne veut rien entendre de tout cela.
D'un autre côté, fait extrêmement curieux et qui me laisse à mon tour blasée, c'est le nombre de fois où sans le savoir elle est carrément dedans ... elle croit à certaines choses, elle ramassait les améthystes et l'oeil de tigre bruts dans une rivière en Allemagne avec son père, etc ... comment se fait-il qu'elle prenne alors mes intérêts pour de la fantaisie et des gamineries ?


Je me sens dans une totale impasse, désemparée, bien sûr nous pouvons tout à fait parler de tout à part de spiritualité, cela ne me dérange aucunement, mais même en parlant de tout et de rien impossible d'avoir une conversation normale sans que ça gueule et sans avoir la sensation de parler dans le désert, de ne pas être prise en considération, ni d'être réellement écoutée.

Un jour peut-être faudra t-il que je saute les pieds dans la bouse et que je mette tout à plat mais j'ai comme l'impression que ça n'arrangera pas grand chose .. En attendant j'ai tout de même réussi à ressortir quelques petites choses positives de tout ça. Je ne considère pas que je dois montrer un quelconque exemple, de toute manière elle ne le remarquerait même pas, mais je dois améliorer encore quelques automatismes qui viennent quand on est ensemble. J'ai pu comprendre à quel point le détachement et la prise d'un recul géantissime sont absolument nécessaires, voire vitaux dans certains cas si on ne veut pas se retrouver dans une situation "t'as 10 mn pour prendre tes affaires, repartir chez toi et ne plus revenir ici". Prendre conscience que l'on a pas à culpabiliser parce qu'on choisi une voie totalement différente de certaines personnes et qui plus est de sa propre famille. On se dit qu'on peut bien rejoindre les choses sur certains points mais quand on se rend compte que même ça c'est plus possible, il n'y a qu'une chose à faire : avancer, vivre comme on l'entend, parce qu'on ne doit rien à personne. Et plus que tout, me mettre très sérieusement à la méditation et au yoga qui vont me permettre de trouver cette assise posée, tant dans mon comportement que dans mes réflexions, ma façon d'agir, de répondre. Je ne cherche pas à lui prouver quoi que se soit, mais je veux trouver une brèche dans laquelle m'engouffrer, lentement et avec douceur et tout simplement lui faire comprendre ce qui fait saigner mon cœur. De même je ne cherche pas à lui imposer mes croyances ni ma manière de vivre mais je souhaite simplement qu'elle les respecte, d'un côté ce n'est pas grand chose mais se sera probablement le plus dur. Quel long travail mais indispensable pour moi, maintenant, de plus, qu'il y a le lutin et qu'il grandira dans ce milieu spirituel, ce respect auquel ma famille a droit je vais le chercher, j'irais jusqu'au bout, peut importe le temps que cela prendra, mais une chose est sûre on l'aura, que se soit dans cette vie ou celle d'après, elle comprendra d'une manière ou d'une autre.




1 commentaire:

  1. Lorsque l’on change, brutalement ou pas, on laisse forcément des gens sur la route. Lorsqu’on tends vers le spirituel, c’est encore plus flagrant. Je partage ta « solitude », car au final, lorsque ses proches semblent aveugles à nos changements, c’est nous aussi qu’ils nient. Vivre sa spiritualité est déjà quelque chose de difficile. Lorsque çà n’est pas partagé, voire nié, ou méprisé, c’est une épreuve supplémentaire.
    Pour vivre cette situation, j’en arrive tout de même à mieux comprendre : en analysant, je me rends compte que ceux que je laisse sur le bas côté, parce qu’ils ne souhaitent pas comprendre ou accepter mes choix, ceux là souffrent aussi : en fait pour ceux qui ne font pas le « chemin », c’est incompréhensible, mais aussi frustrant, de voir que ceux qu’on aime nous échappent, qu’imperceptiblement, nos voies s’éloignent . Alors il y a la peur, le mépris, la colère, la jalousie. Et d’une mère encore plus : tu t’éloignes du modèle qu’elle se faisait, tu lui échappes encore plus en adoptant un mode de vie différent. Cette spiritualité prend de la place. Et malheureusement, si la sagesse ne compte pas le nombre des années, elle n’est pas toujours au rendez vous de l’Age. En vieillissant, on peut devenir acariâtre, frustré, limité, intolérant…. Et alors s’ouvrir sur d’autres horizons est impensable.
    Je souhaite qu’un jour tu puisses te rapprocher de ta famille, çà n’est pas gagné, mais ton espoir réside aussi et surtout dans ton gnome, qui lui, connaîtra cette aisance à respecter et mêler les mondes.

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