Prologue au monde du silence intérieur

Je serais bien en peine de mettre en mot mon profond respect pour certaines communautés religieuses de frères et de sœurs. J'ai toujours été fascinée par ces personnes qui décident de se consacrer entièrement au divin. Car c'est bien du divin qu'il s'agit, peu importe de quelle confession on parle, c'est simple, c'est le divin ni plus ni moins. Le reste n'a aucune importance; catholique, chrétien, dominicain, chartreux, ce ne sont que des mots qui ne retransmettent en rien ce que ces personnes vivent dans la solitude et dans les moments partagés.

Il y a quelques années, à Paris, alors que ma vie était un gros n'importe quoi, je me souviens très bien d'une nuit où ne trouvant pas le sommeil. J'étais tombée sur une émission religieuse, un documentaire sur des sœurs dans un couvent. Je ne me souviens de rien à part d'un bâtiment sur une montagne près de la forêt. En revanche je me souviendrais toujours des sentiments confus qui m'ont saisis. Je n'avais pas compris la paix et la tranquillité que j'avais ressenti à regarder et écouter ces femmes parler de leur foi et de leur quotidien. Trop de choses me semblaient contradictoires, à commencer par mes stéréotypes personnels, les clichés sociétaires que je portais en moi sans le savoir, moi qui me croyait dans le début d'une belle ouverture d'esprit. On se rend compte au bout d'un moment à quel point, au contraire, on a encore bien du chemin à faire, mais là n'est pas le propos. Dieu, donc, Jésus et toute la bande, il ne fallait pas m'en parler, Marie à la rigueur. Et pourtant je sentais bien que quelque part je pouvais me rapprocher de tout cela sans qu'un arrière goût de vieille tante "très pieuse" dans sa robe étriquée et les cheveux tirés à quatre épingles, ou qu'un révolté de la religion, un fanatique du "la religion c'est l'opium du peuple" que quelque part il y avait un point de jonction entre mes croyances apparemment païennes et le christianisme, du moins un pan.

Quelques échos, comme pour ne pas me faire oublier, surgirent régulièrement, des citations de Clairvaux, des documentaires sur des communautés religieuses, des expériences personnelles dans certains lieux etc ... mais une question persistait : comment trouver la place qui devenait évidente ? comment allier les deux ? comment trouver en soi, avant de le trouver chez les autres, l'intelligence, l'abnégation et le respect, l'écoute de ses propres aspirations en joignant deux spiritualités qui semblaient, aux premiers abords, totalement opposées ? Et bien tout d'abord, en ce qui me concerne, la clef fut de m'éloigner un maximum de tout ce qui pouvait représenter médiatiquement et socialement j'oserais dire, la religion. (sous entendu donc le catholicisme et le christianisme). Il n'y a rien qui m'intéresse dans les éternels débats, dans les magazines spécialisés, dans les sites qui font l'apologie ou tout le contraire, dans tout ce qui est "convenu". Je n'ai aucune base, je suis une noob totale, j'ai lu quelques lignes de la Bible (ou d'une des bibles au vu des multiples éditions) j'ai donc un terrain vierge d'idées littéraires préconçues. J'ai fait ce que certains et certaines font en premier : rechercher simplement une forme de communion, d'harmonie. J'ai mis du temps à accepter cette attirance, il fallait abandonner certains réflexes, certains ancrages, certaines choses trop longtemps entendues, dépasser les legs familiaux, et au final accepter pendant les premiers temps de garder pour soi cette nouvelle découverte spirituel. Car s'il y a bien une chose dont je me suis vite rendue compte c'est qu'aucun blog païen/spirituel/ésotérique (ou alors je n'ai vraiment pas eu de chance dans mes recherches) ne parle de cette cohabitation dans des croyances personnelles. En parler autour de moi ? Il ne fallait même pas y penser, à part le Renard qui avait plus ou moins compris depuis quelques temps. Il est déjà très difficile de parler religion avec les gens mais quand vous leur présentez un nouveau paradigme c'est encore pire. L'incompréhension laisse souvent très vite place à l'indifférence totale, vous vous retrouvez face à un mur ou au vide.
Mais finalement, est-ce si important ? N'est-ce pas d'abord en soi-même que résident les choses, qu'elles naissent, qu'elles vivent et meurent ?

Je ne cherche pas à constamment mettre en parallèle la paganisme et le christianisme, ils veulent certes dire au final la même chose mais vont chacun par des chemins bien spécifiques. Le mien se situe comme on l'aura sans doute compris, dans la contemplation, les retraites, les communautés religieuses retirées, et d'autres plus "communes" mais qui à un moment particulier me toucheront. Je ne cherche pas Jésus, ni Dieu, je n'ai pas de but religieux en soi, pas de pardon, pas d'absolution, pas de paradis. Je veux ressentir avant tout, trouver la connexion. Certaines figures du monde religieux m'appellent, me fascinent, certains lieux, certaines histoires, certains faits. Je les prends tous comme il viennent, sans chercher une idéologie complètement obsolète. Par cette approche j'ai pu m'ouvrir à des lieux qui jusqu'alors me laissaient indifférente voire franchement pas enchantée. Ce fut le cas de Mariastein, une grotte souterraine dédiée au culte de Marie. Bien sûr, tout le monde sait qu'avant Marie il yavait eut d'autres femmes vénérées mais cela n'empêche en rien de sentir l'énergie du lieu, que la déesse s'appelle Marie ou Eve ou Brigit, cela importe peu au final. Ce fut la première fois que j'ai senti une énergie toute particulière dans un lieu dédié au culte chrétien, je m'y suis sentie extrêmement bien, je n'avais pas envie de partir et j'ai bien hâte de pouvoir y retourner pour vous faire un petit "reportage" photo, me recueillir et allumer quelques bougies.

Voilà, j'arrive au terme de mon petit article presque introductif à ma spiritualité fraichement éclose. Pour le prochain nous reviendrons vers les sorciers et des questions existentielles un peu plus prosaïques mais néanmoins très intéressantes. A bientôt !


4 commentaires:

  1. C'est très intéressant que tu parles de cela.Puisqu'avec ma recherche dans les différents cultes africains, il y'a une présence, selon les branches plus ou moins fortes, d'éléments catholiques, je ne t'apprends rien.Pourtant l'aspect catholique ne m'intéressait pas plus que cela.Bref, et cet été , j'ai pas mal été attiré par la vie de certains saints etc.Une attirance profonde, parasitée aussi par certains clichés.Comme tu dis la vieille tante étriquée etc.Et j'ai tout de suite songé:"Mais c'est étrange, comment allier ces deux choses qui semblent si éloignées?".Ecoute, je n'ai pas de réponse.C'est vrai que c'est déroutant.Tu as enfin fait de la place pour quelque chose qui au fond t'attirait.Les liens vont se faire au fil du temps, et tu trouveras ton équilibre.Si tu sens que quelque chose doit être fait , tout va se mettre en route pour appréhender tout cela.C'est l'impression que j'en ai^^.

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  2. Oh la oui les cultes africains sont très teintés de religion chrétienne et catholique, c'est un mélange détonant mais qui laisse place à une réception totalement personnelle et c'est très intéressant =) Les saints, ha oui, que n'ont-ils pas à nous faire découvrir !

    Les liens se font déjà et une toute nouvelles forme de spiritualité s'offre à moi. J'ai très envie de partager tout cela mais je dois y aller doucement, pour ne pas brûler les étapes. En tout cas je suis contente que cela fasse écho à quelques uns =)

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  3. Tout à fait , c'est une sacré cuisine, ou une cuisine sacrée très inspirante cet énorme mélange :) .

    Ah ah suspens alors.

    J'espère aussi, je suis curieuse de voir les différentes réactions :) .

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  4. Tu décris presque totalement mon parcours... en ce sens que j'ai rejeté le christianisme par "mode" dès mon plus jeune âge, juste par rébellion. Surtout par rapport à certaines rigidités et intolérances que j'avais pu expérimenter et qui selon moi, ne pouvaient aller avec une spiritualité. Mais j'ai toujours été attirée, comme toi, par ces personnages sacrés, saints sanctifiés ou saints hommes et femmes, et par leur vie d'abnégation, mais surtout par ce qui m'apparaît comme un état transcendance, un état d'amour absolu. Que l'on retrouve dans toutes les traditions.
    J'adore les églises, j'aime m'y "retirer" de temps en temps, quand il n'y a personne, surtout dans de petites chapelles isolées, qui sont foison ici, et où l'on peut vraiment sentir le sacré. J'y ai toujours puisé de la force.
    J'ai récemment comme toi fait le lien entre Marie et autres Brigit, et même si il me serait difficile, pour l'instant, d'imaginer les deux cohabiter (bien que, les habitudes sont tenaces), je m'efforce de comprendre ce lien qui par exemple était si important pour mon Père. En cela, déjà, il y a forcément un mélange... Ne rien rejeter d'emblée, voir par les yeux des autres.. La retraite, la méditation, que l'on retrouve aussi bien dans le christianisme que dans d'autres traditions, sont des chemins qui peuvent vraiment aider...

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