Et si l'on faisait le point ...



C'est l'article de Nuno, sur ses magnifiques autels, qui m'a tout d'un coup ramenée à la réalité au sujet du mien, à savoir que je l'avais complètement laissé à l'abandon depuis des mois. Je me suis rendue compte de plusieurs choses :

- que je ne suivais plus le système de faire un autel précis sur une saison marqué par le sabbat correspondant, vu qu'il y a du végétal tout le temps dessus cela va de soi.
- que j'ai tendance à aller de plus en plus vers du minimaliste même si je bave abondamment sur les autels très richement décorés que je vois sur la toile.
- que l'autel est probablement pour l'instant le seul "lieu" où lorsque je créé quelque chose d'énergétique je sens plus ou moins les choses.
Un autel dont je suis vraiment satisfaite en ce beau début d'automne ....






Mais au départ de mon article je ne voulais pas du tout parler de mon autel, même si je peux l'inclure dedans. Non voyez vous, je suis dans un dilemme, un doux dilemme pour lequel je ne trouverais jamais vraiment d'issue mais plutôt une cohabitation, à savoir : comment faire lorsque l'on est habitée par deux envies totalement opposées - une envie de dépouillement total et une explosion de végétal et d'objets ?
La seule réponse que j'ai pu trouver puisque je ne veux abandonner ni l'un ni l'autre porte sur le choix des objets. J'avais pensé faire une pièce totalement dans l'esprit Zen mais même là l'envie de mettre une belle tasse artisanale en a appelée une autre, et une autre et au final je me retrouve avec une pièce qui n'a plus rien de dépouillée mais ressemble plutôt à un musée sur les objets japonais. Puis je me suis posée la question : est-ce que je veux vraiment un intérieur Zen ou le sentiment du Zen ? C'est tout simplement chaque chose à sa place, de l'ordre, une énergie qui circule parfaitement, du feng-shui en somme, mais, avec l'envie tout de même de modérer les achats compulsifs et videurs de porte-monnaie.
J'en reviens inlassablement à cette harmonie recherchée entre ce que je souhaite et ce que je peux faire, deux choses encore bien loin l'une de l'autre quand on pense à tous les projets colossaux que nous avons en tête.

J'en reviens donc aussi à cette vie simple, ha je pourrais en parler des heures. J'y pensais encore ces derniers jours en rangeant mes bocaux de plantes séchées et autres sorcièreries. Ce n'était pas comme ça il y a quelques années, jamais je n'aurais pensé pouvoir arriver à cette vision de la vie, à cette envie de vivre simplement et voir en chaque jour le meilleur, trop stressée de savoir ce que j'allais bien pouvoir faire de mon avenir, toujours entrain de déménager d'un point à l'autre sans jamais me fixer, perdant mon temps à plaire à d'autres au lieu d'apprendre à m'aimer et à me respecter. Que de chemin parcouru, que les choses sont allées vite lorsque j'ai posé le pied pour la première fois sur le sentier étroit et sauvage de terre, de racines et d'os. Un jour tout s'est mise en branle et j'ai continué de marcher en regardant loin devant moi. Sur les bas côtés il reste encore beaucoup de fantômes qui me suivent et ne me lâchent pas, je les vois du coin de l'œil, vaporeuses formes faites de regrets non digérés, de personnes que l'on arrive pas à oublier, d'évènements qui restent collés. Je me demande s'ils seront toujours là ou si un jour j'arriverais à les chasser pour qu'ils se détachent lentement. Et puis, quelque part, il y a l'ombre du Cornu, l'ombre de la Sauvage et j'ai le sentiment que d'autres sont prêtes à venir (ou est-ce moi qui suis prête à les accueillir ?) pour me compléter.
Mon avenir matériel est toujours aussi incertain mais je n'en ai plus peur, j'ai réussi à totalement m'en détacher, c'est presque vivre au jour le jour sauf qu'avec un lutin on projette forcément un peu. 


Parler récemment du christianisme dans ma pratique m'a fait du bien, j'ai réalisé (et grâce à vos gentils mots aussi) que j'avais vraiment besoin de le dire et que cela serait probablement utile à d'autres, voire un petit coup de pouce pour qu'ils en parlent aussi, je sais maintenant que nous sommes assez nombreux.
Mes lectures actuelles et futures vont donc globalement s'articuler autour de ce thème, pendant un temps.

J'étais partie pour écrire un tout autre article, et c'est le bilan qui est venu. Un petit bilan, je n'en ai jamais fait, en fait, ni ici ni dans mon journal. J'y ajouterais la famille bien entendu qui depuis la visite de mes parents a pris un tournant particulier en ce qui concerne la spiritualité, et avec encore un peu plus de recul maintenant je pense savoir comment au moins en parler calmement de temps en temps et faire comprendre que ce chemin prit n'est ni une lubie ni quelque chose qui se prend à la légère.

Les portes ne se referment pas, elles restent au contraire bien ouvertes, solidement ancrées dans le sol, d'autres s'ouvrent maintenant qui complètent mon labyrinthe intérieur ...



3 commentaires:

  1. Ton autel m'avait fait complètement fantasmé le jour où j'ai vu ta photo, même si depuis ça a sûrement changé.

    Cette épure à un moment où j'étais dans un tourbillon, c'était le zen réinterprété... une bulle de calme, et cette matière naturelle c'est juste jouissif. J'adore regarder ce que tu fais car j'en suis incapable.

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    1. Non c'est toujours pareil =) Ça changera d'ici quelques temps je pense après ma période de semi retrait.
      Mais si mais si je suis sûre que tu pourrais largement faire ce genre de choses, toi qui es si proche du zen aussi =)

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    2. Ouais mais ça fourmille tellement.... T_T Impossible de réduire le nombre d'objets à si peu lol

      Par contre, en parlant de Zen et de spiritualité.... y a un truc méga important qu'il faudra que je te raconte ! ET du coup... c'est vrai que je devrais pouvoir m'en approcher si je le souhaite...

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