X & Y ou XY ?

Ecce Homo ~ Dietmar Gross


Tout au long de l'Histoire de notre civilisation (j'englobe toute la planète) les hommes et les femmes se sont exclus mutuellement, parfois pour de bonnes raisons et très souvent pour le contraire. Je me suis toujours demandée pourquoi les hommes avaient si peur des femmes au point de leur interdire certaines choses pendant des siècles et de les stigmatiser. La spiritualité, mes lectures et réflexions m'ont apportés quelques réponses. En revanche, là où j'ai du mal à en trouver c'est dans l'autre sens, lorsque les femmes excluent les hommes. Est-ce un relent de rancune ? allez vous nous avez fait ceci et cela pendant tant de temps, y'a pas de raison qu'on ne vous fasse pas pareil maintenant.  Un "éveil" féminin mal compris et mal utilisé ? Une envie viscérale de faire payer ? Une colère qui explose parce qu'on estime qu'on ne nous laisse pas à juste titre la place qui nous revient dans la société ?

Je ne m'en cache aucunement je suis contre les groupes féministes. Bien entendu je suis consciente qu'il y a à boire et à manger dans tous les cas et qu'il ne faut pas faire de généralité. Pour ma part je distingue deux groupes : les féministes et les féminins. Le premier rejette totalement le masculin sous n'importe quelle forme et l'autre l'exclu seulement pour certains rites, certaines réunions, certains moments que l'on préfère passer entre femmes.
Oui les hommes ont été et sont toujours mauvais envers les femmes, ils ont fait subir à nos ancêtres proches et/ou lointains des bassesses et ignominies, ils continuent de penser que nous ne sommes pas leurs égales, et ne changeront probablement pas d'idée avant très très longtemps. Mais si l'on est juste on peut également constater qu'on les y encourage largement. Par nos attitudes, nos gestes, nos paroles. Les femmes continuent de renvoyer une image précise aux hommes et ce sont ces mêmes femmes qui après vont dire qu'elles sont mal traitées et que le regard de l'homme est avilissant. Nous resterons prisonnières de cette image tant que nous la diffuserons. Ce n'est pas seulement aux hommes de changer mais à nous aussi !
Nous continuons de servir les clichés les uns après les autres, sans nous en rendre compte tellement ceux-ci sont ancrés dans notre société, dans notre éducation familiale et religieuse. Nous n'avons pas ce recul nécessaire qui pourtant nous ferait comprendre que nous sommes autant fautives que les hommes.

Je ne crois pas que la bonne réponse soit la violence verbale et l'exclusion dont nous faisons preuve. Ce rapport de force que l'on tente d'instaurer est voué à l'échec car ce n'est pas dans ce domaine que nous sommes les meilleures. Nous empiétons sur leur terrain, nous créons cette incompréhension en croyant faire avancer les choses. Allons, ne sommes-nous pas plus intelligentes que ça ? ...

Quoi que nous pensons il y a une constante contre laquelle on ne peut rien : les hommes et les femmes sont complémentaires, sont issus du même être biologique (nous naissons tous femme et homme, nous avons tous les mêmes hormones elles sont justes plus développées suivant notre genre), sont indispensables l'un pour l'autre. Nous sommes probablement la seule espèce sur Terre à ne pas avoir compris cela, à oublier que le sexe avec lequel nous naissons ne définit pas totalement une personne, à nous focaliser sur nos différences plutôt que sur ce que nous pouvons partager et apporter à l'un et à l'autre.

Récemment une affaire a secoué le net spirituel (je préfère au terme net païen car tout le monde ne se reconnait pas dans ce mot) et les groupes de tradition dianique, les propos de Z-Budapest ont été lamentables et dégradants tant pour les femmes qui ne seraient donc pas capables d'ouverture d'esprit que pour les gens concernés qui n'auraient pas le droit d'appartenir à un groupe de femme parce qu'ils ne sont pas nés avec un vagin. Que dire pour les hermaphrodites ? Personnes rares, mais qui existent. Elles n'auraient donc le droit à aucun groupe ? ... Ces propos profondément choquants et de plus de la part d'une femme très reconnue et influente ne devraient plus être proférés à notre époque. J'aurais envie de dire : encore moins dans un cadre spirituel. Malgré toutes les affirmations bien pensantes et l'apparente ouverture d'esprit dont font preuve certains groupes et personnes il est clair que les gens ne sont pas prêts à accepter le changement et encore moins à prendre conscience de l'influence des pensées "primaires" qui semblent nous coller à la peau quand bien même on ne nous en aurait pas rabâcher les oreilles avec : hommes + femmes = bien / homme + homme ou femme + femme = c'est le mal. Les personnes qui crachent sur l'éducation religieuse et sur le fléau de la pensée patriarcale ne se rendent même pas compte à quel point elles véhiculent cette pensée et à quel point, surtout, elle est ancrée en eux, et ils ne le voient pas.

Si ces personnes ne peuvent aller au delà de ce cliché, que dire de leur spiritualité ? On a légitimement le droit de se demander si c'est du vent, une façade, un joli tableau pour faire enfler son égo.
La spiritualité n'est pas affaire de genre, c'est un travail intérieur et que l'on soit homme ou femme ne regarde personne de prime abord. Notre spiritualité reflète qui nous sommes, ce que nous pensons, en quoi nous croyons, comment nous voyons le monde, comment nous l'appréhendons, nous interagissons avec l'univers, avec tout ce qui nous entoure, que vient faire dans tout ça le sexe, le genre ? Sommes-nous tellement préoccupés par notre nombril, ou en tout cas pour certains de ce qu'il se passe en dessous de la ceinture ? Si nous ne pouvons laisser tomber tous les automatismes sociaux dans notre spiritualité, quand le ferions-nous ? N'est-ce pas au contraire un moyen d'aller au delà ? Un moyen de nous "élever" et de comprendre que ce que l'on nous dit où que l'on soit dans le monde, jour après jour, n'est souvent que déformation et mensonge ? Œil pour œil ne marche pas en spiritualité, les malédictions, les choses mauvaises que l'on peut envoyer sur autrui fait autant de dégât pour les deux partis, je ne parle pas de la loi du triple retour à laquelle je ne crois pas, mais tout simplement d'une constante de l'univers, ce qu'on envoie revient toujours sous une certaine forme de même pour ce que l'on demande.

Nous allons vers des découvertes et des créations qui, quelques dizaines d'années auparavant, nous semblaient totalement irréalisables. Bientôt, des cyborgs feront parti intégrante de notre quotidien si nous continuons d'aller vers le cap d' une société de surproduction et de surconsommation. Que pourrions nous alors faire au niveau du genre ? Tout est possible. Quelles "lois" seront alors applicables ? De quel droit certaines personnes pourront privilégier certaines espèces et pas d'autres ? Nous en revenons à cet éternel infâme complexe de supériorité. Comment peut-on encore en être à des idées aussi absurdes après tant de siècles ? J'ai l'horrible impression d'une stagnation de la pensée et du cœur, d'une régression très significative, d'un désaveu de l'humain envers ses pairs et d'un combat perdu d'avance  que nous menons encore hélas afin que tous soient considérés à sa juste valeur. C'est un long et glacial frisson qui remonte le long de mon dos ...

 

2 commentaires:

  1. Je n'ai jamais été féministe non plus. Même si je suis consciente du combat que certaines ont eu à mener pour que nous puissions jouir de certains droits, il y a certains extrémismes que je ne conçois pas. C'est un peu comme la fête de la Femme, qui pour moi est une incongruité. Cela est pour moi si évident, la place que j'occupe, en tant que femme, aux côtés de l'homme. Ni au dessus, ni en dessous, ni à travers... Mais bien à ses côtés, en complémentarité. Voilà pour le côté "sexué". Après, un homme, un homme ou une femme et une femme, peu m'importe.
    De l'autre, il y a évidemment le domaine spirituel, et là, comme toi, je n'y vois plus de sexe, mais une âme de couleur... Cela s'élève au delà de ce qui se situe sous le nombril... J'en veux pour preuve les guides que l'on peut avoir : je ne me suis jamais demandé si c'étaient des filles ou des garçons.... (le sujet des Divinités est plus délicat), Je peux ressentir une sensibilité que je qualifierai de plus féminine ou masculine, parce que je n'ai pas d'autres qualificatifs... Mais cette définition est bien plus large. Les clichés ont malheureusement la peau dure, et des centaines d'années de brimades ont participé à ce clivage mais aussi parallèlement à un "brouillage" de l'image des sexes. Je ne connais pas l'avenir, je pense simplement que l'important c'est que chacun trouve le juste équilibre entre la part féminine et la part masculine que tous nous avons en nous.

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    1. Oui voilà c'est ça. Bien sûr qu'elles ont fait des tas de choses mais ce qui me gêne c'est qu'on soit obligé d'en arriver là. Que l'on se batte pour les droits de la femme, c'est à tout à fait normal, ça n'oblige pas d'être forcément féministe.

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