Le jour où j'ai arrêté de chercher le divin






J'en avais déjà parlé plusieurs fois sur Ancestrel, le domaine du divin m'a toujours posé quelques problèmes. D'une part la manie que l'homme a toujours eu de vouloir y mettre absolument un visage et un nom et d'autre part à cause d'un "complexe" par rapport au monde éso/païen global où je ne lisais que des réflexions autour des divinités, de personnes qui cherchaient absolument à entrer en contact avec, des personnes qui s'affiliaient direct avec une ou plusieurs divinités, qui semblaient avoir un lien fort avec etc .. moi au milieu de tout cela je me sentais totalement étrangère avec cette relation, ce besoin presque que ces personnes avaient de devoir afficher avec qui elles "correspondaient", peut-être pour asseoir une certaine légitimité ? ....
Toujours est-il qu'à part Cernunnos, que je ne considère pas comme une divinité, je n'ai jamais été attirée par ce concept là et j'ai eu beaucoup de mal à le comprendre.
Je ne rejette pas le concept de divinité, je pense fermement qu'ils/elles existent, dans leur plan, leur dimension. Mais elles sont bien là où elles sont. Quelque part, là aussi nous sommes toujours influencés par les anciennes religions occidentales qui insistaient sur le fait que nous ne pourrions trouver le divin qu'en tournant le regard vers les cieux et en priant très fort, longtemps et régulièrement.

Récemment, en relisant une petite histoire, j'ai tout à coup compris pourquoi je n'avais jamais cherché à entrer en contact avec une divinité et pourquoi cela me semblait si éloigné, distant, de moi. Vous connaissez sûrement cette vieille légende hindoue (je ne connaissais pas l'épilogue que je trouve d'autant plus juste), c'est elle qui a secoué mon neurone et qui a mis en place en quelques secondes les morceaux du puzzle qui me manquaient depuis si longtemps. Pourtant, je l'avais déjà lue cette histoire, je l'avais trouvée belle, mais elle n'avait alors pas eu l'impact qu'elle a eu il y a quelques semaines. 

Au départ, j'avais entrepris de m'accepter, comme une première étape, comme une "couche" de mon être que je devais assimiler pour pouvoir la mettre de côté et découvrir une nouvelle couche, puis une autre, et une autre, avant d'arriver au cœur. Pour moi il n'était pas possible de pouvoir vivre pleinement le spirituel si je n'acceptais pas les turbulences, la folie, la violence, la douce euphorie qui m'animent chaque jour. Très vite je me suis rendue compte que ce côté très "primitif", brut, au plus près de la terre, était celui qui me correspondait le mieux, qui me rapprochait le plus du sacré. J'ai eu beau tenter de me lover dans un cocon de douceur, de lumière, quelque chose manquait, quelque chose de prédominant. Mais j'en parlerais plus en détails dans l'article suivant, je commence à dévier.

J'ai l'impression que lorsqu'on rend un culte à une ou plusieurs divinités, on oublie que le divin n'est pas en haut ou en bas, il est là où c'est le plus difficile de le trouver. On s'abandonne, on demande, on supplie, on attend une réponse, on croit en reconnaitre/en décrypter et si il ne se passe rien c'est qu'on est pas digne, qu'on est pas assez "avancé" pour reconnaitre la réponse, on se fait larguer par la divinité, mis de côté, plus bon à rien et surtout pas à discuter avec les dieux. Ils n'en ont d'ailleurs peut-être pas envie.
Les choses se sont clarifiées et c'est un petit poids qui s'en va. Les dieux à leur place, et moi à la mienne tentant de me retrouver complètement. Je fais, cependant, la distinction entre les dieux majeurs (les grands big boss quoi) et les petits êtres peuplant notre vie quotidienne. C'est avec eux que j'adore discuter et échanger de temps en temps. Ils sont plus accessibles, curieux, ancrés dans notre vie de tous les jours. 

Il y a eu une sorte de retour en arrière dans ma tête, comme lorsque les gens disent qu'ils voient leur vie défiler devant leurs yeux au moment où ils vont mourir ou ceux qui ont fait une NDE; je me voyais méditer, lire sur le sacré, contempler encore et toujours, comprendre que le divin se trouve partout autour de nous ... je m'étais arrêtée là mais j'avais oublié la dernière partie de la phrase, la plus importante qui dit que le divin est aussi et surtout en nous. J'ai compris alors qu'au fond je l'avais toujours cherché mais je ne m'en étais pas rendue compte. J'avais entrepris, depuis mon adolescence, peut-être plus tôt mais je ne m'en souviens pas, de retrouver mon essence divine, là tout au fond de moi, cachée.
Chercher le divin en moi est une quête de tous les jours et c'est un processus qui m'aide à relativiser sur tout ce qui survient dans ma vie, mais c'est aussi, et surtout, une quête qui me permet d'apprendre à m'aimer petit à petit, à reprendre confiance en moi, à reconnaitre mes points forts et les bonnes choses que j'accomplis. Il n'est pas question ici de surgonfler son égo, de se dire "ouai moi aussi j'suis une divinité, donc je vaux bien ceci et cela, donc il est normal que j'ai telle ou telle capacité" etc.
Si tout autour de moi tout est divin, pourquoi ne le serais-je pas, moi qui porte en mon sein le microcosme et macrocosme ? ... Je suis issue de l'univers, de molécules qui se retrouvent partout, sur n'importe quelle planète, dans n'importe quelle étoile, n'importe quelle dimension. Je suis un condensé complexe de poussière de comète, d'énergie d'aurore boréale, de chant de la matière et de l'anti-matière, du vide et de trou noir. Je suis un être d'atomes, parcouru par un réseau vibratoire qui me permet de rester en contact en permanence avec tout ce qui peut communiquer d'une quelconque façon. Je suis autant humaine que divine, je suis autant enfant de chair qu'enfant du ciel.





3 commentaires:

  1. pholiane4/6/12 11:22

    Cette quête là et ce que tu décris, c'est pour moi la définition de sorcellerie! C'est toujours un plaisir de te lire!

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  2. Merci Pholiane ! C'est vrai que mon chemin est, globalement, celui de la sorcellerie des campagnes qui pourtant est empreinte de rituels religieux, qu'ils soient païens ou chrétiens ! ^^ Mais il est bon de trouver son propre chemin avant tout, même (et surtout je dirais) s'il dévie de l'initial.

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  3. Il faut parfois revenir plusieurs fois sur quelque chose pour que cela nous saute aux yeux.. J'aime beaucoup cette légende, je la trouve d'une grande sagesse et d'une grande poésie.
    J'ai aimé ton passage sur les "couches" successives, je suis aussi passée par là. Je commence, doucement, à "comprendre autrement", à discerner autrement. Cette relation aux Divinités, on en a déjà beaucoup parlé, j'ai eu moi même beaucoup de mal à intégrer cette notion. Et ton approche est très juste. Le Divin est partout, je le vois en toute chose, j'ai encore toutefois du mal à le voir en moi, sans doute l'ultime étape...
    J'adore te lire... j'ai l'impression de si bien comprendre...

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