L'homme ordinaire

Extraits du chapitre L'homme ordinaire, extrait de "Le troisième pas" de Chiambretto.
L'image est en introduction.







[...] Pourquoi passer la plus belle période de ma vie, toute ma jeunesse, la journée durant à être dans cette formation collective destinée à me rendre utile et productif ?
Mais il ne se la posera pas. La réponse lui est donnée en parallèle : il a le devoir de le faire et s'il ne le fait pas, il ne correspondra plus à l'image dont il pourra être fier à ses yeux et aux yeux de ses proches.
De plus le doute ne peut exister. Tout ce qui est autour de lui, lui confirme que c'est la seule voie possible pour obtenir ce que tout le monde souhaite, à savoir :

- être reconnu socialement
- être aimé par ses proches, par le sexe opposé
- être serein, ne pas avoir peur du lendemain, de l'inconnu
(la définition du bonheur inculquée;celle qui provoque par la suite "la déprime du middle age", lorsque le concerné prend conscience de l'aberration de son mode de vie).

Ce dernier point actuellement est très développé dans le contexte moderne où l'on craint pour l'avenir, où l'homme vit dans une angoisse permanente.
Dès qu'il commence à travailler son principal objectif est de cumuler assez de biens pour pouvoir vivre "sans besoin". La préoccupation numéro un est de tout faire pour assumer sa vieillesse (sa retraite) quitte à se priver sa vie durant.
Là encore, le conditionnement est impressionnant.

L'homme s'abstient de vivre pleinement sa jeunesse pour recevoir la formation nécessaire qui lui permettra de ... De s'abstenir de vivre pleinement sa vie d'adulte pour cumuler les biens matériels nécessaires qui lui permettront de ... D'éventuellement de vivre pleinement les quelques années restantes de sa vieillesse, s'il vit encore, si la santé lui permet, s'il en a encore la force et s'il réussit à se déconditionner.
Vision bien négative, mais peut-être pas tout à fait fausse.

Mais qu'il se rassure, s'il a bien respecté les préceptes inculqués, s'il a fait du zèle et est intelligent alors il sera récompensé.
Du moins pas trop car les surdoués (QI très supérieur à la norme et intelligences diverses très développées) n'arrivent pas à s'inscrire dans la société (prise de conscience supérieure ?).
A ne pas confondre avec les enfants précoces qui ont une maturité intellectuelle précoce et souvent un QI supérieur.
QI ne permet de vérifier que la capacité de la Raison (ou de l'intelligence logico/mathématique).
Le QI permet donc de déceler ceux que l'on pourra "formater" rationnellement pour une production supérieure.
Avez-vous remarqué que lorsque l'on parle d'intelligence pour un animal, on définit sa capacité à être dressé ? (orque, dauphin,singe).
Est-ce qu'un chat est intelligent ?

A ce stade il n'est pas inutile de préciser que grâce aux recherches menées par Howard Gardner, professeur à "Haward School of education", il ressort (enfin) que différents types d'intelligences pourraient exister chez l'homme. Celles-ci sont à ce jour évaluées à huit, nous citons :

". L'intelligence verbale et linguistique
. L'intelligence mathématique et logique
. L'intelligence musicale/rythmique
. L'intelligence corporelle/kinesthésique
. L'intelligence visuelle/spatiale
. L'intelligence du naturaliste
. L'intelligence interpersonnelle
. L'intelligence intra personnelle
Cette dernière est la capacité à avoir une bonne connaissance de soi-même et de pouvoir orienter sa vie en fonction de cette image. Elle est particulièrement développée chez les écrivains, les "sages", les philosophes, en résumé chez ceux qui ont une forte vie intérieure."

Il est important de souligner que si cette capacité n'est pas suffisamment développée on est plus sensible à l'opinion de groupes. On chercher (et on trouve) un responsable extérieur à ses échecs.[...]

[...] Le conditionnement éducatif est complet.
La formation scolastique fait son oeuvre dans le domaine social et dans celui du religieux qui sont en complète synergie.
On a appris au sujet tout un ensemble de définitions et de comportements prédéfinis.
On lui a donné les bases du raisonnement analytique et logique basé sur les mathématiques de base.
Le domaine de l'Esprit disparaît même dans les arts réduits souvent à des méthodes définies qui sont abordées de la même façon que les sciences.
Sciences qui sont mises en exergue pour prouver la supériorité de l'homme sur l'animal. Sciences dites exactes parce que confirmées par l'analyse, la logique, l'analyse discursive.
Et lorsque l'on veut admettre le côté divin, on précise que c'est un autre ordre qui échappe à la dimension humaine.
Tout ce qui est inexplicable scientifiquement tient du miracle. Et le miracle ne dépend pas de l'homme, seul le Divin peut l'engendrer.
Cela est vrai à un tel point qu'il a fallu à un moment donné définir Jésus comme le fils de Dieu, donc Dieu lui-même (par vote au concile de Nicée en 325) et non comme un prophète, comme un homme, sans expliquer que les deux se rejoignaient.[...].

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