Ô brume

"Regarder la brume, errer dans le mystère de la vie, capter des impressions fugitives, rester un instant hypnotisé par le baume inattendu dans le repos des choses, c'est ce que nous offre la brume, transformant le monde en un flou artistique poétique et irréel. Un chemin disparait dans un cocon de brouillard, entre ombre et lumière : c'est à la fois un don et un refus de la nature.

Noirs et blancs noient l'atmosphère et confèrent un caractère intemporel aux choses, éternisant ce qu'il y a de fugace en nous. Aussitôt apparu, cela disparait. La brume nous permet de nous retirer dans un autre monde, le monde de la non-forme, de l'évasion, du rêve. Un monde féérique, empli de vie et de mystère.

Peu à peu, lorsque la brume s'en va avec l'arrivée du soleil, s'effilochant doucement, s'effaçant peu à peu, nous retournons à la triste réalité. Mais ces brefs moments passés dans l'absolue perfection ont réussi à dépouiller notre cœur de tout sentiment inutile et de toute diversion, nous laissant savourer, le temps d'une brume apparue, la rencontre avec le vide : nous avons connu un état sans pensée ni calcul."


{ Extrait de "Aimer la pluie, aimer la vie" de Loreau }





Cette brume tant aimée je l'attends chaque automne avec un sentiment mêlé d'euphorie et d'état second. Avec la pluie, c'est sûrement le deuxième élément naturel qui me permette de rentrer mentalement dans un état hypnotique profond. Je pourrais la photographier sous tout les angles possibles, tous les matins et soirs, je ne m'en lasserais jamais. J'ai toujours l'impression qu'elle nous offre la possibilité de voir l'envers du décors, de voir au-delà, ce qui est caché, ce qui est secret, d'ouvrir une porte vers non pas un imaginaire mais une énergie sensible et palpable.

Il y a quelques jours, une magnifique brume, comme un raz de marée, venait dominer la forêt et la recouvrir de sa magie.







Nous regardions cette apparition fantomatique et ne cessions de nous retourner pour en apprécier la beauté. Nous savions qu'irrémédiablement une heure plus tard la vallée serait noyée dans la brume laissant à peine les lumières des maisons percer de leur faible éclat.

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